Là où l’amour désarme

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L’amour ne fait pas mal.
Ce qui fait mal s’appelle une compulsion.

Ce texte est dédié à celles et ceux qui vivent encore dans le chaos et appellent cela de l’amour.

À celles et ceux qui confondent l’intensité avec l’attachement, la pulsion avec l’intimité, l’anxiété avec le désir.

À ceux qui vivent des relations qui ne calment pas, ne se taisent pas, n’accueillent pas — mais excitent, drainent et désorganisent.

Je ne parle pas uniquement de violences évidentes. Je parle d’un chaos appétissant, tendre, silencieux, socialement validé. D’une relation qui ne cogne pas mais qui désorganise. Qui n’humilie pas mais fragmente. Qui n’abandonne pas frontalement, mais dans laquelle le sujet finit par s’abandonner lui-même.

Ce type de lien maintient un état d’alerte permanent. Or l’alerte n’est pas de l’amour.

Le corps apprend à aimer ce qu’il connaît, pas nécessairement ce qui lui fait du bien. Si le système nerveux a été entraîné dans l’effroi, l’abandon, l’oscillation ou l’imprévisibilité, la paix ne ressemble pas à une demeure, mais à l’ennui.

Le chaos, ironiquement, devient une maison.

Le corps n’entend pas les discours. Il reconnaît des schémas. Personne ne devient dépendant de l’anxiété par hasard. Personne ne confond l’amour avec la privation émotionnelle par naïveté.

Il existe ici une récompense invisible : la familiarité avec la douleur.

Aimer exige discipline, maturité et courage — pas uniquement des sentiments. Et cela, peu veulent l’entendre. La discipline n’est pas excitante. La paix ne hurle pas. La stabilité ne provoque pas de frissons.

Vivre en paix demande un effort. Non pas l’effort de plaire à l’autre, mais celui de résister à sa propre impulsivité autodestructrice. Car un corps blessé trop tôt apprend à répéter : les liens douloureux, les histoires inachevées, les relations qui maintiennent la plaie ouverte — parce qu’une plaie ouverte donne l’illusion d’être vivante.


Mais la paix…

La paix n’est pas une absence de lien. Elle est une capacité.

La paix est un muscle qui doit être entraîné. Elle implique d’apprendre à s’éloigner de ce qui désorganise, de supporter le silence sans créer de conflit, de refuser une intensité qui exige la santé psychique comme prix.

C’est parfois renoncer à la dopamine de l’excitation pour retrouver l’intégrité du sujet.

Comme l’écrivait Simone Weil : « Le contraire de la force n’est pas la faiblesse, c’est l’attention. »

Et l’attention fait souvent mal. Parce qu’elle révèle que beaucoup de ce que l’on appelle amour n’est, en réalité, qu’une peur de se retrouver seul avec soi-même.

La question n’est pas : « Pourquoi est-ce que je m’engage avec des personnes chaotiques ? »

La question plus juste est : qu’est-ce que la paix menace en moi ?

Peut-être une identité construite autour de la douleur. Peut-être un ancien scénario dans lequel il fallait lutter pour mériter. Peut-être la croyance que l’amour est indissociable de la souffrance.

La maturité affective permet de comprendre que l’amour n’est ni une guerre, ni une addiction, ni un manque, ni un état de détresse.

L’amour est un lieu où le corps peut se désarmer.

Celui qui n’a jamais connu cela trouve cela étrange. Celui qui a connu le chaos résiste. Celui qui a trop survécu sabote.

Et pourtant, il est possible de réapprendre.

Ce n’est ni rapide, ni confortable, ni romantique. Mais c’est profondément transformateur lorsque le sujet découvre enfin que ce qu’il ressent n’est plus de l’alerte, mais de la paix.

« Repose-toi : ça passera. » — Fernando Pessoa

LES ATTENTES D’UNE THÉRAPIE

Une thérapie ne se résume pas au fait de parler.  Cela aide, mais ne suffit pas. Un thérapie implique réflexion, changements de comportements, inconfort et entrainement en dehors des séances. Je me soucie de vous et cela ne vas pas sans que je puisse vous confronter. Le vrai souci n’est

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