La régulation émotionnelle ne se résume pas à être calme.
Le calme n’en est qu’une expression possible.
Se réguler, c’est pouvoir rester psychiquement disponible
tout en étant traversé par des émotions parfois intenses, désagréables ou éprouvantes.
Il s’agit de maintenir une capacité à penser, à ressentir et à rester en lien,
sans être submergé.
D’un point de vue neuropsychologique, la régulation repose sur
l’intégration entre les systèmes émotionnels et les fonctions de contrôle du cerveau
(amygdale, cortex préfrontal, cortex cingulaire antérieur).
Ce processus demande de l’énergie et fluctue selon les contextes,
la fatigue et l’histoire personnelle.
Chez l’enfant, la régulation est encore en construction.
Elle peut être visible et coûteuse : tensions corporelles, agitation, respiration modifiée.
Ces manifestations ne traduisent pas un échec,
mais un effort actif du système nerveux pour ne pas déborder.
Chez l’adulte, la régulation n’est pas constante non plus.
Irritabilité, impatience ou épuisement ne sont pas des signes de défaillance,
mais souvent l’expression d’un effort régulatoire prolongé.
En consultation, le travail thérapeutique vise à soutenir ce processus :
élargir le répertoire de réponses émotionnelles,
renforcer la capacité à rester en lien avec soi et avec l’autre,
et permettre un ajustement plus souple face aux émotions.
Il n’existe pas de régulation parfaite,
mais un mouvement continu d’ajustement et d’auto-organisation,
au cœur du travail clinique.