Nous devons commencer par comprendre certaines choses… Toutes les relations difficiles ne sont pas toxiques. Et toutes les relations toxiques ne méritent pas une tentative de plus.
Oui, je suis en faveur de la réparation. Les relations saines se construisent par le dialogue, la remise en question, la demande de pardon, un changement réel et la responsabilité émotionnelle. Sans cela, il n’y a pas de couple, seulement une cohabitation épuisante.
Maintenant… il y a réparation quand deux personnes y travaillent. C’est de la survie quand une seule essaie.
Une relation toxique ne se termine pas quand elle prend fin. Elle se termine quand votre système nerveux n’en peut plus.
Parce que vous savez que la relation vous fait du mal quand votre corps commence à parler plus fort que votre discours optimiste.
Vous dites : « Ça va s’améliorer », mais le corps dit : « Je suis fatigué ». Vous dites : « C’est juste une phase », mais le corps dit : « Je suis en état d’alerte ». Vous dites : « Tous les couples passent par là », mais le corps dit : « Je n’en peux plus ».
Votre corps sait.
Une relation toxique est celle dans laquelle vous :
Vivez inquiet même quand tout semble en paix, revoyez les conversations dans votre tête comme si vous révisiez pour un examen, vous sentez coupable de ressentir, avez peur de parler, de l’anxiété d’exister, et du soulagement quand la personne s’en va (puis de la culpabilité d’avoir ressenti ce soulagement).
MAIS CALME !!!
Le cerveau apprend des schémas émotionnels.
Il ne distingue pas l’amour de la menace quand les deux viennent ensemble. Il enregistre simplement l’intensité.
C’est pour cela que vous vous attachez à ce qui vous blesse… Non par manque d’amour-propre, mais par excès d’adaptation.
Comme dirait Gabor Maté, le trauma n’est pas ce qui s’est passé, mais ce qui est resté à l’intérieur de vous après.
Et là vous comprenez : la relation ne s’est pas terminée quand elle a pris fin. Elle s’est terminée quand elle a détruit votre système nerveux.
Quand vous ne réussissez plus à vous relaxer, que votre sommeil est un désordre, que votre estomac se noue, que votre poitrine est lourde, que votre esprit ne s’arrête pas…
C’est-à-dire… que vous ne vivez plus la relation, vous essayez d’y survivre.
Vous avez rompu la relation, mais votre corps est encore en réunion avec le trauma.
Vous avez bloqué la personne, mais vous avez débloqué l’anxiété.
Vous avez décidé d’avancer, mais le système nerveux n’a pas encore reçu le message.
Maintenant, soyons justes : existe-t-il des relations qui méritent réparation ? Oui. Mais il existe aussi des relations qui ne font que retarder la fin.
La réparation, c’est quand il y a un changement observable, une écoute réelle, une responsabilité émotionnelle, une sécurité croissante et la base, n’est-ce pas : les deux le veulent !
S’il n’y a que des promesses, des discours et encore la même chose, ce n’est pas de la réparation.
Et sortir de là n’est pas abandonner l’autre, c’est arrêter de s’abandonner soi-même.
Que pouvez-vous faire pour vous en sortir ?
Ce n’est pas juste « oublier ». C’est réguler le corps, élaborer le trauma, comprendre vos schémas, reconstruire des limites, réapprendre à ressentir sans se culpabiliser, différencier l’amour de l’attachement, l’intensité du lien, le manque de connexion… faire une thérapie, quoi…
Et surtout, apprendre à écouter le corps quand il dit que c’est assez.
Parce que l’amour n’exige pas que vous viviez en état d’alerte. L’amour ne dérègle pas votre système nerveux, l’amour ne vous rend pas petit…
Et si c’est le cas, ce n’était pas de l’amour en construction, c’était vous que l’on modelait pour que vous puissiez rentrer dans le moule.
Et entre nous, vous n’avez pas besoin de plus de force pour rester. Vous avez besoin de plus de douceur pour partir. Ne sous-estimez pas les conséquences épouvantables d’une relation toxique.