La santé mentale concerne aujourd’hui toutes et tous. C’est un sujet devenu courant, dont on parle facilement, des médias aux repas familiaux. Et pourtant, elle suscite encore inquiétude et questionnements. De plus en plus de personnes osent reconnaître qu’elles ont besoin d’aide. Mais comment et vers qui se tourner ?
Nous sommes confrontés à une prolifération d’approches thérapeutiques, chacune avec sa spécificité. La psychologie analytique, elle, repose sur la parole et le transfert.
Faire ce pas demande du courage. Aller vers quelqu’un capable d’entendre ce qui se cache derrière vos mots, c’est s’autoriser à se reconnaître soi-même. C’est réapprendre à vivre pleinement le moment présent, sans être submergé par ses démons intérieurs ou extérieurs.
Aujourd’hui, beaucoup ressentent une fatigue qui n’est plus seulement physique : une fatigue psychique, liée au trop-plein d’obligations, de comparaisons et d’injonctions contradictoires.
On doit être performant, disponible, authentique… tout à la fois. Ce décalage use et crée un sentiment d’insuffisance.
Ce malaise n’est pas un simple accident. Le symptôme — lassitude, anxiété, perte d’élan — est à la fois un signal et une protection. Il exprime quelque chose qui ne trouve pas d’autre voie pour se dire. Analyser c’est décomposer les entraves. L’analyse ne pose pas d’étiquettes, elle oriente vers la compréhension de comment on désire, souffre et se réinvente .Loin d’être un élément déficitaire, le symptôme opère plutôt comme une défense.
Dans un monde saturé, le désir se brouille : on poursuit ce qu’on croit devoir vouloir, plutôt que ce qui nous anime vraiment.
La démarche psychanalytique permet de dégager cet espace pour entendre à nouveau ce qui, en soi, cherche à vivre. L’analyse opère en rendant au sujet sa propre parole.
Devant la désorganisation du monde et ses impératifs, on échange la singularité contre la sécurité. Vivre pour correspondre, pas pour exister, est une forme de trahison vis à vis de nous même. La psychanalyse ne s’aligne pas avec le discours contemporain. Elle soutient l’espace du manque, du non-savoir. Elle sert à celui qui ne s’adapte pas. Elle est au service de soi, pas de l’idéal d’efficience sociale.
Ralentir, se décaler du rythme imposé…, est déjà un acte essentiel pour se retrouver. Le dispositif analytique permet de trouver sa vérité singulière. Parfois difficile à découvrir, mais elle parle de vie. La psychanalyse se trouve entre ce qui fait mal et ce qui se transforme – même dans un monde qui tente de taire tout ce qui ne lui est pas utile.
La possibilité existe de ne plus craindre d’être soi-même, avec un accompagnement présent. Cet acte courageux vous permet de devenir quelqu’un et même de transformer le monde. Accéder à la spécificité de son être évite de se sentir remplaçable et ainsi, de tomber malade. Le souci de soi permet l’ouverture au monde.
La psychanalyse ne promet pas de voler, n’offre pas de fugue et n’alimente pas des fantasmes de soulagement immédiat. Elle opère quelque chose de beaucoup plus honnête et transformateur; elle nous fait revenir au sol, elle nous rend nos jambes. La fuite est fatigante, même quand elle est silencieuse et déguisée en force. Lorsque nous arrêtons de fuir nous renouons avec notre propre histoire et nos choix répétés, même s’il nous faut du temps pour les comprendre.