La régulation émotionnelle ne se résume pas à être calme.
Le calme n’en est qu’une expression possible.
Se réguler, c’est pouvoir rester psychiquement disponible
tout en étant traversé par des émotions parfois intenses, désagréables ou éprouvantes.
Il s’agit de maintenir une capacité à penser, à ressentir et à rester en lien,
sans être submergé.
D’un point de vue neuropsychologique, la régulation repose sur
l’intégration entre les systèmes émotionnels et les fonctions de contrôle du cerveau
(amygdale, cortex préfrontal, cortex cingulaire antérieur).
Ce processus demande de l’énergie et fluctue selon les contextes,
la fatigue et l’histoire personnelle.
Chez l’enfant, la régulation est encore en construction.
Elle peut être visible et coûteuse : tensions corporelles, agitation, respiration modifiée.
Ces manifestations ne traduisent pas un échec,
mais un effort actif du système nerveux pour ne pas déborder.
Chez l’adulte, la régulation n’est pas constante non plus.
Irritabilité, impatience ou épuisement ne sont pas des signes de défaillance,
mais souvent l’expression d’un effort régulatoire prolongé.
En consultation, le travail thérapeutique vise à soutenir ce processus :
élargir le répertoire de réponses émotionnelles,
renforcer la capacité à rester en lien avec soi et avec l’autre,
et permettre un ajustement plus souple face aux émotions.
Il n’existe pas de régulation parfaite,
mais un mouvement continu d’ajustement et d’auto-organisation,
au cœur du travail clinique.
Un diagnostic psychiatrique ne sert pas à vous dédouaner de vos responsabilités, il sert à ce que vous ayez un point de départ dans la vie.
Un exemple intéressant: c’est comme si le diagnostic était une carte . Or, si nous avons une carte si bonne au point de recouvrir la réalité, on n’aurait pas besoin d’une carte car la réalité existerait. Il s’agit d’un choix, chaque carte existe en détriment ou en préférence d’une autre. La même chose vaut pour le diagnostic.
Il ne s’agit pas de l’accepter comme une vérité universelle, mais comme un point de départ. Pour que les gens puissent, à travers le diagnostic, vivre un changement de vie. La façon dont une personne va utiliser sa compréhension du diagnostic change les choses. C’est l’effet looping Ce n’est rien d’autre que, à partir du moment où je vous donne un diagnostic, cela change la façon de comment vous comprenez vous même eu au-delà, cela change la façon dont vous aller penser votre existence et ce que vous en faites.